1993: Première tentative de vol  hors du nid familial. j'emménage dans le grenier d'une ferme/musée  qui m'est généreusement attribué le temps de faire mon objection de conscience. Un gros studio de 40 m² sans loyer ni charge, au coeur d'un parc naturel, durant les 20 mois que je dois à la Patrie. Le pied. Les collègues qui connaissent les mêmes conditions que moi sont logés dans un moulin, une chaumière,etc... Même pas la peine d'évoquer les soirées dans ce genre de cadre.

1995: bref retour chez mes vieux, et celles de ma gueuze qui nous hébergent un temps... le temps de réaliser ce qu'on avait et qu'on a plus.

1996: premier vrai appart à deux, même pas dans une cité ou une résidence en ruine, mais bon quand même dans une barraque en brique du quartier ouvrier de Rouen. Trois cubes superposés, et reliés par un escalier limite échelle de meunier.
Autonomie,vie de couple et luxure font que finalement, on se sent pas si mal en ville. Ma cambrousse n'est pas si loin, et je sais ou me jeter quand j'ai besoin.

1999: Le Gros Déménagement. Migration de la Normandie à ici, dans le Gard. Arrivée dans un deux pièces minuscules, mais le soleil brille, les volets sont bleus, et partout autour, les cigales chantent (et le mistral souffle). De plus, le voisinage(le club harley local) nous permet de rencontrer quelques personnes à notre arrivée en terre étrangère.

2003: mise en colloc avec les motards sus mentionnés.
on occupe le rez de chaussées d'une villa quand nos anciens voisins prennent le premier étage.
Quartier de vieux et rapports de plus en plus incertains avec les bikers font qu'on a pas envie de trainer la  et que...

2006: St Marcel, le plus beau village du monde, de france, du canton, de la D6, nous tend les bras et daigne enfin nous offrir l'une de ses petites maisons de village qu'elle ne propose qu'aux plus chanceux.
La barraque est sympa, le cadre vallonné est idyllique, mais bon.... ca manque toujours un peu d'espace

2009: l'opportunité de reprendre la barraque de potes et tout ce qui va avec (poulailler, terrain, potager, fruitiers, grange) ne nous fait pas hésiter trop longtemps.
On investit tout ca rapidement, et, dès la première année d'occupation, potager,fruitiers abandonnés, poulailler sont fin prêts pour assurer une partie de notre subsistance.

Fevrier 2010:Les proprios, après un an de bail, et d'accoutumance à cette barraque de notre part, nous signifient leur désir de récupérer leur bien afin que Mme en bénéficie suite à leur séparation.
En gros on se fait foutre dehors, avec toutefois un délai raisonnable de 24 mois pour retrouver un autre logement.

Fin Septembre 2010: Monique l'épicière, agence immobilière et matrimoniale, aide à domicile, gazette locale (et éventuellement griotte) de notre village me souffle qu'elle a eu vent (bah ouais) d'une bicoque qui se libérait non loin de chez nous. Je fais grace des descriptions pour le moment tant l'endroit nous fait kiffer grave la race de notre maman.

26/10/2010: a nouveau, les cartons ont envahi les pieces de notre maison. Comme un phénomène paranormal qui reviendrait régulièrement, et de plus en plus fréquemment, le moindre de nos biens, consommables ou bibelots à la con, se retrouve emballé, protégé, cartonné, dans l'attente de la furie des jours prochains.
En effet, dans trois jours, le Fred, le Remi, le Gui, le Gé et le Néné, aux premières lueurs de l'aube, débarqueront, marcel à l'épaule, afin de transbahuter l'ensemble de nos biens matériels ainsi préparés.

29/10/2010: Ayé! mis a part quelques merdouilles, l'ensemble de nos biens se trouve a présent empaqueté, conditionné, ficelé comme il se doit.

Demain, à 8h, les déménageurs bretons déboulent à la maison pour bouger tout ce bordel.

Et demain, à 8h,météo france m'annonce: averses régulières et localement orageuses sur le Gard durant tout le Week End.

Putain de bordel de merde! je connaitrais donc jamais un déménagement ensoleillé?