25 novembre 2008
les Gens
ouais , les gens...
Pasque c'est bien beau de se plaindre, mais bon si je suis là, comme taxi, c'est bien qu'à la base, je mettais la relation avec les gens au dessus de tout.
Les conditions de travail auront pris le dessus a mon insu, et à mon grand dam, alors que pour chacun des mes clients/patients, le quotidien des traitements continue.
Alors pour la suite, et jusque la fin de mon contrat, je ferai de mon mieux pour relater ce qui m'a le plus plu/appris/choqué/réjoui,etc... comme je me l'étais promis.
...
Mais par qui commencer après ces quelques mois de rencontres?
Pas la peine de réfléchir longtemps avant de penser à Martine.
Martine: 18 ans dans sa tete, 40 dans son corps. une dialyse tous les deux jours depuis quelques années, depuis que ses reins greffés il y a 20 ans aient lâché. Elle connait tous les chauffeurs depuis belle lurette et met les nouveaux au parfum dès leur arrivée..." Moi j'suis là pour les employés, qu'elle dit, pas pour les patrons... " (mais, quand meme, ceux qui se la pètent un peu trop Samy Naceri (y'en a) se font vite balancer).
Malgré sa putain de vie rythmée au métronome du médical*, c'est sans doute la cliente qui fut la plus humaine, vivante, révoltée. Avec ce genre de gonzesse, pas besoin de parler. Elle s'énerve sur tout à ta place... presque tu aurai besoin de la calmer.
Je l'ai rencontrée dès ma premiere journée de boulot je crois, sur un trajet relativement long. De quoi te rassurer pour les premiers jours de taf!
Elle m'a tout de suite annoncé la couleur quant aux chauffeurs cooools et aux lèches-culs, aux us et coutumes de la boite, aux petites ententes entre untel et untel; de quoi évoluer à son aise dans une société quoi.
Et puis Martine, c'est p'tet la seule cliente qui prenne autant de plaisir à faire chier le bureau, secrétaires comme directeurs, qui réclame des cadeaux pour le nouvel an, pour son anniversaire ou que sais-je encore.
Martine, elle a la vie qui tient qu'à un tube en plastique, et pourtant, parfois,quand je l'écoute, je me sens comme une vieille merde poussive.
*Y'a des gens, malades de reins, qui , trois fois par semaine, se font "dialyser" c.a.d filtrer le sang indépendamment de leur organisme (par des grosses machines) pendant quatre heures... sinon, y'meurent!... et c'est superlourd!
(un de ces 4, si elle veut et si j'ai mon appareil, je mettrai sa face ici)
13 novembre 2008
Démission!
Découvrez Jean Yanne!
Dans la petite entreprise qui m'embauche comme chauffeur pour malades ((je sais, on peut dire compagnie de taxi, mais là non), il règne une atmosphère démentielle... Et je ne m'y suis jamais aussi senti "dans le bain" que maintenant.
Pas une fin de journée sans qu'un des 20 collègues ne m'alpague en me disant d'un ton mi-réjoui, mi-condescendant "j'ai appris que tu partais", voire, quand ils sont au courant de mon opinion sur ce taf: " ah bah t'aura pas traîné", ou " tu va t'inscrire au livre des records" (d'autres démissionnaires sont déjà passés, autrefois).
Je laisse chacun parler au sujet de ses rancoeurs et, donc, de ce qu'il pense etre la cause de mon départ en me gaussant souvent.
Je me rends compte que la plupart rêvent d'en faire autant, et quand, rarement, cela leur est inconcevable, j'ai en retour des remarques acides (ou fielleuses, c'est pas mal non plus).
Certains, j'en suis sur, ont déjà préparé leur radeau de fortune et se préparent eux aussi à quitter le navire.
Les boss semblent hésiter entre me ménager pour me faire changer d'avis et me garder auprès d'eux, ou me faire payer mon départ alors qu'ils m'avaient offert une situation de golden boy.
Quand j'en parle avec chacun, je n'ai pas trop besoin de peser mes arguments auparavant. Chaque mot est appuyé par les images qui me trottent dans la tete; la terre et rien d'autre... Me pètent la tête toutes ces bagnoles, ce goudron, les villes,les feux, les connards pressés de finir leur journée de taf (voire pire, de la commencer).
J'ai déjà en tête la boue qui colle aux pompes, le geste de la pierre pour affuter le sécateur, la position de la lame pour tailler sans blesser, la prévision de ce que donnera un oeil*.
Alors, même si (ou peut etre meme, parce que) certains clients/patients m'ont fait découvrir certains aspects de la vie, je quitterai sans regret ce petit nid douillet de la sécurité de l'emploi.
*Un oeil, c'est la petite protubérance écailleuse qui donnera un bourgeon, un sarment, un bras, le moment venu.





